On me dit que ces derniers jours quelques incurables m’accusent sur tweeter de donner aux magistrats ‘ordre de libérer les criminels’ tout en me préparant à offrir des médailles aux ‘jeunes de banlieue qui brûleront des voitures’. Simple exercice de vulgarisation de ce que propagent certains élus. C’est le syndrome de la toupie : un ressassement qui, depuis six mois, tourne sur lui-même et finira comme chacun sait, affalé et immobile. Aucun intérêt à cette nostalgie du temps récent où, à coups de ‘petits pois’ et de ‘cheffe des procureurs’, on faisait croire que la magistrature était aux ordres. Aucun intérêt si ce n’est la marque, dans ce jeu sordide, d’une insultante indifférence aux victimes et d’un irrémédiable mépris pour les juges.
Foin de ces chimères de troglodytes. Nous avons bel et bien entamé la modernisation de la Justice du 3ème millénaire. Une Justice accessible, par l’aide juridictionnelle accrue pour les plus démunis, le renforcement de la proximité, le recrutement de magistrats et greffiers pour réduire les délais d’audiencement. Une Justice efficace, par la hausse du budget des enquêtes et expertises, les innovations informatiques pour accélérer et sécuriser les procédures, des méthodes rigoureuses et efficientes pour prévenir la récidive et éviter de nouvelles victimes. Une justice indépendante qui, justement, lève toute suspicion sur les magistrats. Indépendance non pour le confort des juges mais pour la confiance des justiciables en l’impartialité. Fin des instructions dans les affaires individuelles, transparence totale dans la nomination des magistrats… C’est l’enjeu de la réforme du Conseil supérieur de la magistrature. Une Justice protectrice des victimes, par la généralisation des Bureaux d’aide aux victimes, l’augmentation des moyens confiés aux associations, la consolidation du 08Victimes, l’évaluation de la justice restauratrice. Une Justice responsable, dynamique et visionnaire, très engagée dans l’action européenne, s’impliquant à l’internationale dans la lutte contre la criminalité organisée, les trafics de toutes sortes, la corruption, le terrorisme.
L’avenir n’est pas écrit. Il ressemblera à nos enfants, à la façon dont nous leur inculquerons le respect d’eux-mêmes, le respect des lois, le respect des autres, dont nous leur donnerons goût à l’éducation pour garantir leur liberté, assurer leur autonomie, les rendre auteurs de leur destinée. L’avenir n’est pas écrit. Il aura les contours, le relief, la vitalité et la densité que lui donneront nos enfants, tels que nous les y aurons préparés. Tous. C’est le début d’un chemin. Je vous le souhaite lumineux, dès 2013. Belle et bonne année
